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Après la crise, le printemps ?

Après avoir snobé pendant 3 semaines les « 20heures » télévisés, j’ai regardé celui de france 2 et tf1 deux soirs de suite. Quelle communication ! Notre ministre de l’économie y a été juste, juste comme il faut l’être pour noyer le poisson. Question d’un téléspectateur : peut-on craindre une crise financière ? « Bien sûr que non, la crise est celle de l’économie concrète pas des finances hors de toute production et service ! » Ah bon : pourquoi les bourses ont-elles plongées, pourquoi les banques centrales ont inondé le marché de devises ? Autre question : pourquoi ne pas revenir à l’ISF ? « D’abord ça ne rapporterait que 3 milliards et nous libérons 40 milliards et cautionnons 300 milliards de prêts. L’essentiel est de permettre de faire redémarrer l’économie en investissant dès la fin du confinement ».

D’abord 3 milliards ce n’est pas rien, la preuve vous l’avez piqué aux retraités en janvier 2018. Et depuis quand les cadeaux aux riches et aux actionnaires les ont-ils poussés à investir dans « l’économie réelle » ? Aucun économiste, pas même à Bercy, n’a jamais réussi à le prouver… et pour cause : ils alimentent la bulle financière, bien plus juteuse. Les fluctuations des cours du café, du cuivre en ce moment sont bien là pour le prouver : des masses d’argent passent d’un côté à l’autre de la planète en quelques secondes, faisant au passage hypothéquer la survie de pays entiers.

Des actionnaires soucieux du bien public ? Entre le directeur général de Danone qui disait aller dormir avec des amis SDF en 2016 (tout en continuant à épuiser les ressources thermales du massif central) au créateur de Tweeter qui annonce qu’il donnera 1 milliard (il lui en restera 2,5 soit 178 mille ans de SMIC !) pour la lutte contre le virus, on n’y croit plus à votre fable…

Par contre, merci Monsieur le Ministre de nous avoir confirmé que les beaux discours du président le 12 mars sur « les services essentiels à la vie ne doivent plus être soumis aux marchés »… n’étaient qu’un mensonge.

Ce n’est pas le discours du président hier soir qui peut rassurer : « réouverture des écoles progressivement à partir du 11 mai… pour permettre aux français de reprendre le travail ». Si vous associez ces phrases aux ordonnances de destruction du code du travail, de remise en cause des congés, maxima par semaine, minima de repos, on comprendra que les grandes phrases sur la solidarité, « une vision nouvelle des priorités » (climat, service public) ne sont là que pour nous endormir. Ne laissons pas les droits du travail remis en cause, nous ne sommes pas responsables de la crise sanitaire, les plus démunis font le plus d’efforts en ce moment, pas de double peine à la sortie du confinement !

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